* MANIFESTO *

« Oh tu travailles dans la cuisine c’est génial ! »

Faire de la restauration son métier cela attire et interloque tout le monde. Oui, mais.

Beaucoup de restaurateurs abusent de leurs employés et les font travailler bien plus que le corps et la loi les autorisent. Ils les briment, les rabaissent, les insultent et parfois même les violentent. La restauration est un domaine où la violence sévit, surtout en cuisine.

Prendre soin de ses employés pour qu’ils soient épanouis dans leur travail et donc plus productifs parait relever du bon sens. Pourtant, l’hôtellerie-restauration et plus précisément la restauration est bien en retard à ce sujet.

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« Pousser, agripper, secouer, c’est normal, mais on ne doit pas laisser de marque. Hurler, c’est normal. On met la pression pour qu’on n’oublie rien pendant le coup de feu. Pour moi, la cuisine, c’est un sport avec beaucoup de challenge. Il faut se dépasser, j’adore ça » – rapporte Thomas, un ancien du Pré Catelan interviewé par le magazine Paris Match.

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/L-enfer-en-cuisine-717154

Ce sont des métiers où il faut constamment s’adapter, aux clients, au chef, au pat.ron, à l’équipe, aux changements de cartes, à la météo. En outre, les employés sont rarement soutenus, bien payés, reconnus pour leur travail et l’énorme énergie qu’ils y mettent. La restauration et la violence semblent être synonyme d’une forme de culture en cuisine

Parallèlement l’excuse de la passion est souvent avancée pour faire avaler la dureté des conditions de travail. Et si l’on n’est pas capable de faire 15 heures par jour pour un smic, de ne plus voir sa famille, ses amis, de supporter les hurlements d’un chef hystérique alors on n’est pas digne de faire partie du métier, on est même rejeté, toisé.

Le stress et le mal être au travail coûtent énormément à l’entreprise

En plus de dégoûter les salariés du métier, le mal être au travail représente un coût non négligeable. Les absences, les congés-maladies, le turnover et plus généralement le désengagement des salariés peuvent coûter cher à l’entreprise.

L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) estime que le mal-être au travail coûte chaque année entre 830 et 1 656 millions d’euros aux entreprises françaises tous secteurs. D’autre part, l’association Food for Thoughts confirme: « passer du temps dans la pression des cuisines peut causer des problèmes de santé mentale aux chefs cuisiniers, y compris la dépression et la dépendance à la drogue et à l’alcool ». Faulder, L. (2017)

Le mauvais management en restauration sera-t-il un jour éradiqué?

Pourtant en France, la violence en restauration n’est majoritairement pas remise en cause, c’est la culture du métier. Beaucoup de chefs ne minimisent l’importance de ce sujet. Ils encouragent même ce genre de management. Selon eux, ils ne seraient pas aussi talentueux et efficaces dans leur travail s’ils n’avaient pas subi cette violence.

Christian Etchebest par exemple se rappelle avoir reçu un carré d’agneau en pleine face et des coups de pieds. Il dit ne pas être choqué parce que ce n’était pas de la violence gratuite. Adeline Grattard, chef de Yam’Tcha à Paris déclare quant à elle que si el.le n’avait pas été humiliée elle n’aurait pas osé autant de choses qu’elle l’a fait. Camus, E. (2014). Heureusement, d’autres employeurs comme le chef étoilé Eric Guerin interdisent tout comportement abusif dans leur restaurant. Il rapporte avoir subi lui-même cette violence dans sa carrière et qu’elle n’a pas du tout été constructive.

On peut se demander ce qui conditionne les réactions de chacun face à ce type de leadership. Mais on peut surtout chercher à éradiquer ce management insupportable et irrespectueux, pousser les restaurateurs et employés à apprendre à manager sans hurler et violenter ses équipes. La restauration et la violence ne doivent plus aller de pair, de doivent plus être une forme de culture en cuisine.

En effet, travailler dans cette industrie requiert un mental et un corps d’acier, de l’intelligence émotionnelle, une grande générosité, un certain goût pour l’esthétisme, et la passion du bon. Les #serveur #chefderang #cuisinier #chefdecuisine #chef #maitredhotel #restaurateur #barman sont des travailleurs courageux, et nous les soutenons chaque jour dans notre métier pour leur trouver le meilleur poste, l’établissement qui leur conviendra le mieux.

Extra Vacant s’engage

Pour terminer, nous refusons de travailler avec les restaurateurs qui manquent de respect à leurs employés, qui ne reconnaissent pas leur travail, sont violents ou désobligeants. Nous faisons tout pour être transparents sur les conditions de travail, et soutenons nos candidats qui ne sont pas à l’aise dans leur poste en les ECOUTANT, sans mettre le client au premier rang.

ExtraVacant, c’est l’HUMAIN avant tout.

Sources

Faulder, L. (2017, January 19). Kitchen culture puts cooks’ mental health at risk | Edmonton Journal. Tiré de http://edmontonjournal.com/news/insight/kitchen-confidential-high-stress-jobs-puts-chefs-mental-health-at-risk

Camus, E. (29/11/2014). Violences en cuisine: les vieilles traditions ont la vie dure. http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2014/11/29/violences-en-cuisine-les-vieilles-traditions-ont-la-vie-dure_4531560_4497319.html

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