Précédemment, nous avons évoqué les 5 premières erreurs notables que les employeurs pouvaient faire même inconsciemment.  Nous évoquons la suite très utile de ce TOP 10 pour vous donner les clés pour garder et choyer vos meilleurs employés !

 

6) Pas de vision, ni d’objectifs

 

Marc, 40 ans, Maitre d’hôtel : « Notre directeur de salle ne savait pas motiver l’équipe avec des objectifs. On travaillait sans penser aux choses qu’on pourrait accomplir ensemble ou améliorer. »

Sans mettre la pression sur vos employés, identifier des objectifs pour chacun fait progresser l’équipe comme l’entreprise. Avoir un plan et faire des projections est le signe que vous avez une vision et que vous impliquez votre équipe pour y accéder. Cela solidarise vos collaborateurs d’une part, et les motive d’autre part. Enfin, c’est également un bon moyen pour qu’ils se projettent avec vous sur le long terme et donc… qu’ils restent fidèles !

 

7) Ne pas se servir de leurs points forts

 

Jules, 26 ans, chef de rang : « On a tendance à me forcer à me faire faire les briefings alors que je ne suis absolument pas doué pour communiquer. Surtout que je déteste ça étant de nature timide. Alors je les fais le plus vite possible pour retourner à mes autres tâches.»

D’un certain angle, il est important de savoir faire un maximum de choses lorsque l’on travaille en hôtellerie restauration. Il est nécessaire d’être polyvalent pour limiter les coûts de main d’œuvre et surtout, ça fait partie de la culture du métier. Oui, mais.

Les métiers de l’H&R sont en retard au sujet du management humain, on pourrait d’ailleurs se demander si ce n’est pas l’une des raisons à la pénurie de main d’œuvre…

Alors notre conseil est de laisser au maximum vos employés se charger des tâches qui leurs posent le moins de difficultés. Celles pour lesquelles ils ont un talent, ou mieux, qui leurs font plaisir ! Bien sûr ils doivent également effectuer les missions que leur poste leur incombe. Cependant, il serait peut-être plus stratégique de les affecter aux tâches qu’ils apprécient et qui les motivent. D’une part cela bénéficiera à votre établissement car vous obtiendrez une meilleure productivité. D’autre part vos collaborateurs vous seront reconnaissants de les connaitre et les comprendre.

 

8) Vous ne les poussez pas à grandir  

 

Elodie, 23 ans, commis de cuisine : « Cela fait maintenant 2 ans que je suis à mon poste, et que j’effectue des tâches assez similaires. J’aimerais bien pouvoir évoluer et apprendre de nouvelles choses mais personne n’a le temps ni l’envie de le faire»

De manière similaire à l’établissement d’objectifs, si vous ne poussez pas vos employés à devenir meilleur vous faites une erreur. Et s’ils pouvaient aller apprendre ailleurs ?

Sans les pousser vers des tâches qui ne sont pas leur fort et qui seront contre-productives comme expliqué au n° 7), les critiquer positivement, leur donner des défis à relever peut les pousser à devenir meilleurs.

Par exemple : « lever un poisson plus précisément et plus vite, en 1 min 30 au lieu de 5 min ». Ils sauront vous rendre fier si votre leadership est efficace, et ils vous seront reconnaissants de vous intéresser à leurs progrès. En revanche, certains qui aiment se conforter dans leur routine et leur zone de confort auront du mal à se forcer à changer leurs habitudes… à vous de les motiver ! D’autre part, si un employé souhaite changer de poste et que son employeur ne peut l’y aider, il s’en ira.

 

9) Vous ne proposez pas d’activités pour souder l’équipe

 

Corinne, 37 ans, manager de salle : « Dans l’ancien établissement où je travaillais, la patronne organisait deux fois par an un repas ou une activité fun en dehors du boulot. Ca permettait de décompresser et de resserrer les liens dans l’équipe »

Organiser des activités « extra-travail » sert deux objectifs à la fois. C’est d’abord dire merci à vos collaborateurs en leur offrant une sortie pour qu’ils s’y amusent. Deuxièmement, cela permet aux membres de votre équipe de tisser des liens entre eux, d’effacer les tensions et surtout de les rendre fidèles à votre établissement. Tout le monde n’offre pas ce genre d’activités en dehors du travail. Cela a un coût et certains dirigeants n’en voient pas l’utilité. Et pourtant! C’est très important dans l’optique de garder vos bons employés dans votre bateau.

Vous pourriez par exemple organiser un repas dans un restaurant extérieur. Cela permet d’ailleurs parfois à l’équipe entière de s’inspirer d’un bon service par exemple. Une partie de bowling, un escape game (réputé dans les grandes entreprises pour souder les équipes)… toutes les idées sont dans la nature, alors amusez-vous !

 

10) Pas de liberté d’organisation

 

Marc, 32 ans, chef de partie : « En cuisine on n’est libres de rien. Il y a la rigueur certes mais si le travail reste bien fait je ne comprends pas qu’on ne nous laisse pas plus de lest »

Encore une fois, réformer l’univers de la cuisine n’est pas aisé. Ce management « libéral » qui se retrouve dans beaucoup de startups notamment, a déjà fait ses preuves. Les employés à qui l’on fait confiance pour s’organiser donnent plus que si on leur imposait des horaires et méthodes fixes. Pourquoi ? Tout simplement parce que vous faites marcher leur créativité en les responsabilisant et les poussez à donner le meilleur d’eux-mêmes. Pourquoi ne pas autoriser la musique en cuisine pendant la mise en place ? Pourquoi ne pas laisser votre serveur venir à l’heure qui lui convient si au bout du compte le travail est fait, et bien fait ? Le problème de cette méthode requiert d’avoir des employés honnêtes. Pas opportunistes au point de profiter de chaque nouvel avantage pour déraper sur leur travail. En tous cas, gardez en mémoire que les méthodes austères imposées trouvent de moins en moins preneur chez beaucoup de jeunes employés.

 

CONCLUSION

 

Vous l’aurez compris, le management est le métier le plus difficile du monde. Gérer les Hommes ressemble à un casse-tête chinois, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête nommée démission.

 

 Le manager doit constamment faire attention aux caractères de chacun des employés, connaitre leurs postes et leurs tâches, leurs motivations, leurs aspirations, leurs points forts… et surtout savoir communiquer. La communication est sans aucun doute le meilleur atout de la personne en charge de motiver les troupes. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle souvent « art de la communication ». Cependant, savoir bien communiquer n’est pas un talent inné, cela s’apprend, et l’apprentissage commence par savoir écouter.  Vraiment écouter, pour mieux comprendre. Comme disait le Dalaï Lama « Lorsque vous parlez, vous ne faites que répéter ce que vous savez déjà, mais lorsque vous écoutez, vous pourriez apprendre quelque chose de nouveau ». Enfin, n’hésitez pas à prendre le temps de faire des entretiens individuels tous les 2 à 3 mois pour parler à vos employés. Evoquer les difficultés qu’ils rencontrent, ce qu’ils ressentent au quotidien dans leur métier… Vous y gagnerez, on vous le promet.

 

    

 

L’hôtellerie restauration comporte les métiers les plus difficiles. Mais si l’environnement de travail est agréable et prend en compte le bien être de vos collaborateurs, il n’y a pas de raison pour qu’ils ne restent pas. Notre industrie souffre d’une pénurie de profils et risque d’en manquer encore cruellement dans les prochaines années. Alors autant rassurer les jeunes qui ont besoin d’être accompagnés, entendus et compris, et préparer le terreau qui les attirera vers nos métiers passions.